1. Acheter directement au producteur
Le plus simple est d’adhérer à une AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne). En Suisse, ce principe se décline sous la formule « agriculture contractuelle » : il s’agit d’un partenariat entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, fondé sur un système de distribution de « paniers » remplis de produits de la ferme. Les adhérents s’engagent à payer à l’avance une part de la production. Certaines formules leur proposent de travailler quelques demi-journées à la ferme.
Attention ! Si vous faites de longs trajets en voiture pour aller chez le producteur, vous risquez de perdre les bénéfices de l’achat local. Il est donc primordial que le producteur soit établi près de chez vous.
Malheureusement, il n’existe pas assez d’AMAP en France et en Suisse. Les listes d’attente sont souvent longues.
2. Acheter sur un marché local
Acheter au marché ne garantit pas des produits locaux et de saison. Pour connaître l’origine de ses produits, il faut interroger le vendeur.
3. Commander des paniers par internet
Certains sites proposent des gammes de produits régionaux et de saison à commander en ligne et livrés à domicile. Ce système demande la plus grande vigilance. Il est crucial de se renseigner sur l’origine des produits pour éviter d’acheter des graines de tournesol bio… chinoises.
4. Acheter dans un supermarché
Cette option demande le moins d’organisation, mais le plus de réflexion. Avant de choisir un produit, il faut se poser plusieurs questions.
Pense-bête pour bien choisir dans un supermarché
- Quels sont les fruits et légumes de saison? Des calendriers des saisons des fruits et légumes peuvent être commandés à différentes organisations ou consultés en ligne.
- D’où proviennent les aliments? Achetez uniquement des denrées dont l’étiquetage prouve l’origine locale.
- Ces légumes ou ces fruits ont-ils été cultivés sous serre chauffée? En l’absence d’obligation à déclarer les produits venant de serres chauffées, il faut tenir le raisonnement suivant : acheter des produits de saison garantit qu’ils n’ont pas été produits sous serre chauffée. A l’inverse, des légumes d’été produits localement en hiver ou au printemps proviennent à coup sûr de serres chauffées. En Suisse, seule la production biologique (label « Bio Suisse ») limite le chauffage des serres. Ce n’est pas le cas du label bio en France.
5. Autres conseils pratiques
Les serres
Toutes les serres ne sont pas chauffées au pétrole. De plus en plus tirent leur énergie du gaz naturel, d’usines d’incinération de déchets ou du biogaz. Ce qui diminue les émissions de CO2, voire, dans le cas du biogaz, les fait disparaître complètement. Problème : le consommateur ne peut pas savoir comment les serres sont chauffées.
Produits ne poussant pas sous nos latitudes
Difficile de se passer de bananes ou d’oranges. Heureusement, bien que provenant de loin, ces produits n’ont pas un bilan de CO2 trop négatif s’ils ne sont pas transportés par avion. Les bananes, par exemple, arrivent par bateau. Les pêches ou les oranges sont habituellement transportées par camion d’Espagne ou d’Italie. Ce n’est pas la panacée écologique, mais c’est déjà beaucoup mieux que des myrtilles transportées par avion d’outre-Atlantique. Si vous craquez pour un fruit exotique frais et juteux, par exemple un ananas, favorisez ceux qui sont issus du commerce équitable et de l’agriculture biologique.
Comment savoir si un produit a été transporté en avion?
On peut partir du principe qu’il y a eu transport en avion lorsque les produits vendus sont frais, facilement périssables (asperges, cerises, fraises, etc.) et ne proviennent pas d’Europe. En Suisse, la solution la plus simple est d’acheter des produits avec le label bio (bourgeon de Bio Suisse, Naturaplan de Coop, Bio de Migros ou de Manor), qui interdit le transport par avion. Très récemment, la Coop a introduit un label indiquant le transport par avion (By Air). En France, la réglementation des produits biologiques ne limite pas les transports par avion. Cependant, les Biocoops les réduisent autant que possible : leur centrale d'achat s'est imposée le principe de ne jamais importer des produits transportés par avion.
Soyez cohérents ! Evitez de tomber dans des pièges classiques comme :
- acheter des produits bio transportés en avion (possible en France) ;
- parcourir une longue distance en voiture pour acheter des produits locaux.
D’autres réflexes écologiques sont bienvenus, par exemple consommer les produits les moins transformés et les moins emballés possible.
Nous remercions Mireille Faist Emmengger d’Esu-services, qui a vérifié le contenu scientifique de cette fiche.




