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- Choisir un mode de chauffage écologique
- Avantages et inconvénients des différents systèmes de chauffage
- A qui s'adresser ?
- Aides financières
Pour choisir un mode de chauffage, il faut tenir compte de l’investissement qu’il nécessite (achat et pose), de son coût d’exploitation (consommation d’énergie et entretien), de son impact sur l’environnement (effet de serre et pollutions) et de sa facilité d’utilisation (automatisme et propreté de l’installation, odeurs éventuelles et entretien).
Choisir un mode de chauffage écologique
La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Gardez à l’esprit que rien ne vaut une bonne isolation. La première chose à faire est donc de réduire les besoins de chaleur du bâtiment pour pouvoir installer un chauffage plus petit et plus économe (voir action isolation).
En deuxième lieu, il est nécessaire de faire appel aux seules énergies disponibles à long terme : les énergies renouvelables. Dans le cas du chauffage, elles ont pour source le soleil et la biomasse, dont le bois. La chaleur terrestre (géothermie) est une autre option. Elle n’est pas renouvelable, mais quasiment inépuisable. Recourez à l’énergie solaire chaque fois que vous le pouvez.
Le chauffage à granulés de bois est très performant pour réduire les émissions de CO2, notamment lorsqu’il est combiné avec l’eau chaude sanitaire solaire.
Les pompes à chaleur (PAC) certifiées avec sonde terrestre (appelées « PAC sur forage vertical » en France) ont pour gros désavantage de dépendre de l’électricité. C’est pourquoi, si vous choisissez cette option, songez à couvrir vos besoins avec du courant écologique. En France, les professionnels restent très mitigés sur l’utilisation des PAC, au niveau tant économique (coût d’installation et d’exploitation) qu’écologique (l’électricité française provient en grande partie du nucléaire).
Le fioul/mazout et l’électricité sont d’autres systèmes de chauffage très répandus. Ils ne sont pas détaillés ici, car leur bilan écologique n’est pas glorieux et ils sont chers à l’exploitation. Si vous optez quand même pour une chaudière au mazout/fioul, choisissez-en une moderne, à condensation ou à basse température.
Passez en revue le tableau ci-dessous avec un spécialiste (un conseiller de l’Espace Info-Energie local en France ou du service cantonal de l’énergie en Suisse, ou un installateur chauffagiste) et procédez par élimination. Commencez par envisager le meilleur système du point de vue écologique.
Avantages et inconvénients des différents systèmes de chauffage
| Remarques |
Avantages | Inconvénients/limites | |
| Soleil | - Nécessite une autre source de chauffage en appoint. Les systèmes courants ne couvrent en général que 20 à 50 % des besoins annuels, selon le climat de la région et la taille du système. - Plus répandu pour l’eau chaude sanitaire que pour le chauffage (voir action correspondante). |
- Energie inépuisable - Coûts de consommation nuls. - Aides financières disponibles. - Exempté de la taxe* sur le CO2 en vigueur en Suisse. |
- Nécessite un investissement initial important. |
| Bois |
- Bilan de CO2 quasi nul (CO2 fixé par la croissance des arbres = CO2 émis). - Emissions de poussières fines très faibles avec les systèmes modernes. - Sous forme de granulés, bûches ou plaquettes. - Les granulés facilitent la livraison et le stockage. |
- Energie renouvelable. - Financièrement avantageux. - Prix du bois relativement stable (même s’il a tendance à suivre celui du pétrole). - Aides financières disponibles. - Exempté de la taxe sur le CO2 en vigueur en Suisse. - Lorsqu’il s’agit de remplacer le chauffage à mazout/fioul, le local de la citerne à mazout/fioul peut être transformé en réservoir à granulés. - Agent énergétique indigène qui favorise l’entretien des forêts et l’économie locale. |
- Des filières de distribution du bois doivent être mises en place. - Occupe un plus grand volume de stockage que le mazout/fioul. - Parfois déconseillé en ville par les services de protection de l’air (CH). - Même si le potentiel est très grand, les sources de bois ne sont pas extensibles à l’infini. |
| PAC (pompe à chaleur) |
Il existe deux types de PAC : - les « géothermiques » récupèrent la chaleur du sol ou de la nappe phréatique ; - Les « air extérieur » utilisent l’air extérieur comme source de chaleur. Elles sont moins efficaces, surtout en hiver, et déconseillées en altitude. |
- Le bilan de CO2 dépend de l’origine de l’électricité utilisée. - Particulièrement sensé dans les maisons très bien isolées. - Très pratique : ne requiert ni cheminée, ni citerne, ni contrôle de combustion. - Financièrement souvent avantageux - Aides financières disponibles. - Exempté de la taxe sur le CO2 en vigueur en Suisse. |
- Le système requiert de l’électricité, qui en France provient principalement des centrales nucléaires. - Les forages, soumis à autorisation, ne sont pas toujours possibles à cause de la protection des eaux souterraines. |
| Chauffage à distance/réseau de chaleur |
- Le chauffage à distance fonctionne comme un immense chauffage central : la chaleur n’est pas produite directement sur le lieu de consommation et doit être acheminée vers l’utilisateur final. - Sources de chaleur possibles : ordures ménagères, déperdition de chaleur des centrales thermiques ou industrielles, incinération de copeaux de bois, etc. |
- Pas de frais d’entretien. - Pas de stockage de combustible dans une chaufferie. - Agents énergétiques souvent locaux et renouvelables. - A combustible égal, meilleur rendement qu’une chaudière individuelle. - Prix relativement stables et définis contractuellement. |
- Nécessite de se raccorder à un réseau existant. - Le bilan de CO2 dépend de l’agent énergétique utilisé dans la centrale. |
| Gaz |
Choisir une chaudière à condensation, au bilan de CO2 bien meilleur que celui des chaudières standards. | - Préférable au mazout/fioul du point de vue des émissions de CO2. Du fait de sa composition chimique, le gaz naturel diminue les émissions de 25 % par rapport au mazout/fioul à confort équivalent. - Pas de stockage. |
- Energie fossile. - Un réseau de distribution doit être disponible à proximité. - Ressource importée (dépendance énergétique). - Taxe en vigueur en Suisse. - Réserves limitées. |
Source : WWF Suisse, janvier 2006.
* Taxe sur le CO2 : Depuis le 1er janvier 2008, la Direction générale des douanes perçoit une taxe de 12 francs par tonne d’émissions de CO2 sur les combustibles fossiles importés. Elle correspond à une taxe d’environ 3 centimes par litre d’huile de chauffage et de 2,5 centimes par mètre cube de gaz.
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Vertus climatiques: |
Coûts* |
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| Soleil |
Granulés/soleil :++++ Gaz/soleil : ++ |
- 15 à -30 % - 15 à -30 % |
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| Bois | ++++ | - 25 % | |
| PAC (pompe à chaleur) |
PAC géothermique : +++ PAC sur air extérieur : + |
- 30 % - 25 %+ |
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| Chauffage à distance | Si l’agent énergétique est local et renouvelable : ++++ | Données non disponibles | |
| Gaz | + | - 15 % |
Sources : WWF et Sebasol.
* Les coûts sont calculés en prenant comme référence les coûts du chauffage à mazout (mazout = 100 %)
Autres tuyaux :
- Les spécialistes ont encore tendance à surdimensionner les chaudières. Précisez donc que vous voulez une puissance adaptée aux besoins réels, sans réserve de puissance pour les cas exceptionnels. Vous pouvez également indiquer que vous ne souhaitez pas non plus de pompe de circulation surdimensionnée.
- Quel que soit le système choisi, n’attendez plus pour changer votre chaudière si elle a plus de dix ou quinze ans.
- L’entretien régulier de la chaudière ou de la pompe à chaleur – détartrage, réglage – préserve son efficacité énergétique.
A qui s’adresser ?
Les services de l’énergie de votre canton (en Suisse) et les Espaces Info-Energie (en France) sont là pour vous aiguiller dans le choix d’un système de chauffage.
Une fois votre système choisi dans les grandes lignes, demandez des offres à des installateurs chauffagistes (aussi appelés « concepteurs en chauffage », « bureaux techniques CVS » – chauffage ventilation sanitaire) ou à des constructeurs. En plus de l’offre, exigez de votre fournisseur la garantie de performance.
Aides financières
Suisse
| Type d’aide | Qui ? |
Remarques |
| Subventions | Certains cantons. | Surtout pour le solaire et le bois. |
| Fonds spéciaux | Certaines communes et villes. | |
| Déductions fiscales | Cantons et communes. | |
| Hypothèques à des conditions préférentielles | Plusieurs banques, dont la Banque alternative. | |
| Programmes d’encouragement d’entreprises | Certains distributeurs d’électricité. | Pour les pompes à chaleur. |
France
| Type d’aide |
Qui ? |
Remarques |
| Crédit d’impôt | Etat. | Chauffage solaire, bois, pompe à chaleur, chaudière à condensation ou basse température. |
| TVA réduite à 5,5 % | Etat. | Chauffage solaire, bois, pompe à chaleur, chaudière. |
| Subventions | Agence nationale de l’habitat (Anah). | Chauffage solaire, bois, pompe à chaleur, chaudière. Prime supplémentaire pour l’achat d’une chaudière. Pour les propriétaires occupants ayant de faibles ressources et les propriétaires bailleurs.à condensation. |
| Certaines collectivités locales | Primes solaires ciblées. | |
| Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). | Subvention pour l’habitat collectif, énergie solaire. | |
| Prêts | Certaines banques. | Prêts avantageux. |
| Electricité de France (EDF) Gaz de France (GDF) |
Prêts à taux préférentiel pour les pompes à chaleur (EDF). Prêt DolceVita pour différentes mesures d’économies d’énergie comme par exemple les chaudières à condensation au gaz naturel (GDF). |
Sources : les Amis de la terre ; Ademe
Nous remercions les personnes quoi ont vérifié le contenu scientifique de cette fiche : Eric Dorge, de l’Espace Info-Energie du Doubs ; Aude Lenoir, de l’Agence locale de l’énergie du Grand Lyon ; Stéphane Emery, du bureau Aeby Aumann Emery architectes, à Fribourg.




